Je Rêve De Te Dire…Saint Valentin

Je Rêve De Te Dire… Saint Valentin

Je rêve de te dire que si t’es seul t’es pas le seul.

    C’est la saint valentin, tu te cailles les miches dehors à attendre l’être idéal qui viendra pas. Parce que l’être idéal il s’appelle pas Valentin. Il s’appelle pas Valentine. L’être idéal il s’appelle pas et il t’appellera pas pour te le dire du con parce que l’être idéal c’est toi, glandu. C’est toi qui chiale ta race ce soir parce que t’es seul. Toi qui pourtant par ta bravoure et tes bons et loyaux services à la communauté mériterais un peu d’amour, non ? Mais l’amour c’est pas donné au mérite. L’amour ça se vit. Ça s’éprouve. C’est un voyage. Une expérience. Aujourd’hui t’es avec lui certes. Demain tu seras avec un autre peut être…et alors ? Tu vas faire des comparatifs au préalable, sortir ton échelle de Richter du plus grand séisme cardiaque dans ton fort intérieur afin d’être bien sure cette fois que c’est lui vraiment lui LA bonne personne ou elle LA bonne personne? C’est ça? Moi je sais que tu te feras surprendre un jour à te réveiller en sursauts et en sueurs sous le coup de tremblements imprévus pour enfin réaliser qu’un séisme n’est rien à être observé mais ne peut être pris en considération que si il est vécu. Bah des séismes t’en as eu, hein ? Tu connais. Ils t’ont sacrément secoué d’ailleurs. Puis ça date pas d’hier non ? Ça date de bien avant tout ça. Du tout début début où on t’a extrait dans un séisme retentissant du trou de ta mère. Sûr que c’est pas charmant dis comme ça mais c’est ça l’amour aussi. C’est même ça l’amour surtout.

     Deux personnes ça fusionne pas. Deux personnes ça se complète. Ça vit ensemble. Non pas pour endurer le meilleur comme le pire mais pour s’épauler, se soutenir dans leur chemin personnel respectif. Et dans personnel y’a le mot personne alors considère bien une fois pour toutes que t’as besoin de personne pour être entier. Pour être toi. T’as besoin de personne pour te faire ressentir ton degré d’amabilité. Personne pour te définir. Tu possèdes pas l’autre, l’autre te possède pas. On ne possède que soi et encore…dans un laps de temps défini que tu ne maîtrises pas. Ça fait peut-être mal à la gueule ce que je te dis là ce soir, mais après coup tu me remercieras. T’en éviteras pleins justement des coups grâce à ce concept-là. Des coups de pute, des coups dans le dos, des sales comme des mauvais coups, des coups d’un soir, des à-coups bourrins dans des orifices non consentants mais qui n’osent pas le dire. Tu leur péteras la gueule un à un à tous ses coups, sans coups de gueule et sans coups de poings. Juste en étant toi et en répondant à l’autre « et alors ? » qu’en il voudra te brider. L’amour ça se commande pas. Dès que t’as prononcé la phrase « non mais je veux pas tomber amoureux » à cette fille dans le bus ou ce gars en fin de soirée…c’est que t’es déjà à terre, la bouche ouverte, la bave qui coule et le cœur à deux battements de l’arrêt cardiaque. Mais bon l’Homme vit d’illusions, c’est pas nouveau. Il s’illusionne à penser pouvoir contrôler l’amour comme on gère une entreprise avec des objectifs sur 20 ans qui si ils ne se concrétisent pas signifient nécessairement faillite. L’amour c’est pas un échec c’est pas une réussite, c’est pas une fierté qu’on trimballe à son bras comme le dernier sac Gucci. L’amour il s’en branle bien lui que tu préfères te branler devant le cul de Beyoncé plutôt que celui de J-Lo parce que quand tu verras le cul de Geneviève tu oublieras direct les deux. T’oublieras même que Geneviève c’est un nom de merde. Tu t’en ficheras. Tu prendras le tout : Geneviève, son cul et les sensations de symbiose parfaite quand tu le fourreras. Ce sera bon si bon qu’une fois votre affaire conclue et comme 99 pour cent des handicapés des sentiments tu diras « heu…c’était juste comme ça hein ? » en remontant la braguette de ton pantalon. Geneviève elle, elle dira de même. Pas parce que Geneviève est docile non, mais parce que Geneviève aussi c’est une handicapée de l’amour. Alors vous allez faire style tous les deux. Style tu t’en fous de Geneviève, style qu’elle s’en fout de toi. Tu vas laisser passer les trois jours de carences téléphoniques pour respecter les dogmes religieux d’une société consommatrice d’amour névrosé en masse. Faut bien rentrer dans les codes pour se faire aimer, non ?! Alors tu cocheras bien toutes les cases de tous les codes. T’as bien appris tes leçons. Phase séduction mystérieux, le petit regard trouble pour troubler l’adversaire, les silences radio, les retours soudains et inespérés, les tests de jalousie, les « je m’en fous de ta gueule » alors que je crève d’envie que tu me regardes pour me faire désirer, les fuis je te suis, suis moi je te fuis. Et quand t’as tout bien coché, que ça s’est passé crème, alors peut-être qu’éventuellement tu te mettras en couple. Voir en ménage. Voir case mariage. Jusqu’à ce jour tu te réveilleras à côté de cet être si parfait jadis qui pour une raison mystérieuse a soudainement changé. « Il a trop changé je te jure je le reconnais plus ». « Elle était pas comme ça avant franchement. » Ah ouais il ou elle a changé t’es sur(e) ? Ou plutôt il ou elle t’a montré de lui ou d’elle un masque codifié qu’il ou elle n’était pas. Il ou elle a été un gros mytho dans cette relation. Un imposteur qui t’a vendu du rêve pour mieux te désillusionner ensuite. Le/La monstre! Bah tout comme toi d’ailleurs ! Et ouais t’es guère mieux.

     Pour connaître vraiment quelqu’un encore faut-il le rencontrer. Encore faut-il parler vrai. Tomber les masques et pour se faire sans stress ni pression trop extrême s’aimer un brin avant pour pouvoir se dévoiler pleinement. L’amour ça se fait à poil non ? Alors mets toi à nu complètement ou va te séduire préalablement et te faire l’amour ailleurs. Devant ta glace oui, si tu veux. Rien ne vaut le face à face pour ressentir son partenaire de vie. Les yeux dans tes yeux avoue tes sentiments bon sang une fois pour toutes. Dis-les. Dis-les, pas pour Geneviève qui t’a planté depuis parce qu’elle disait justement que tu les assumais pas assez, ni pour ta mère qui ne t’a jamais pris en considération et t’a laissé des plaies encore ouvertes, et encore moins pour tes potes d’école qui t’ont fait complexé d’une connerie parce qu’eux mêmes ne savaient pas s’apprécier suffisamment et préféraient reprocher à l’autre ce qu’ils se reprochaient à eux-mêmes en réalité. Non fais le pour toi. Pour vivre en harmonie ce couple intérieur si riche qui ne demande qu’à rayonner sur les prochaines photos souvenirs de votre relation. Dévoile ta sensibilité. Montre ta virilité. Fais leur se prendre la main. L’amour ça se prouve tous les jours. Alors prouve toi le nom de dieu. Fais-le parce que si toi tu le fais pas c’est pas sur que les autres se bougeront le cul non plus. C’est l’exemple qui fait la validation d’une expérience par autrui et non les mots. Alors occupe toi de toi au lieu d’aller mendier le cœur de ton voisin. Regarde toi. T’as déjà tout ce qu’il te faut. Et vois, je suis même là aujourd’hui pour te le dire. Et je suis pas la seule. Alors vas pas me casser les pieds ce soir parce que t’as pas de Valentin, parce que t’as pas de Valentine, et va t’inviter au resto manger un gros steak frite comme un porc malfamé et t’en foutre partout sur ton sweatshirt parce que toi t’auras pas à jouer le jeu des cons d’autres tablées qui mangeront avec un balai dans le cul afin de ne pas décevoir leur hypothétique future amuse-bouche de fin de soirée. Toi tu peux t’en foutre du regard de l’autre, puisque l’autre c’est toi et que toi tu t’aimes désormais. Et peut-être justement, parce que tu seras toi, juste toi, tu capteras le regard d’une autre personne dans l’assemblée. Peut-être qu’elle viendra même à ta table. Et peut-être que vous vous comporterez comme des sagouins à deux et que vous vous marrerez bien. Que vous vous retrouverez comme des gamins. Des gamins ça s’en fout bien de parler enfants, baraques, mariages et plans sur la comète. Des gamins ça se tient la main sans en chercher la signification, ça joue beaucoup oui mais pas pour séduire.

    Ça s’appelle Valentin seulement parce que c’est comme ça qu’il s’appelle. Ça s’appelle Valentine seulement parce que c’est le prénom que ses parents lui ont donné. Point. Et ça va pas chercher plus loin. Ça aime infiniment, dans le moment et sans penser à demain. Et c’est peut-être ça justement…l’amour.
Voilà. Je rêve de te dire tout ça. Mais vois l’heure qu’il est. Il est trop tard désormais. Dormons.

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